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Critique d’INGLOURIOUS BASTERDS de Quentin Tarantino

Written by Sandra Mézière. Posted in Classiques du 7ème art américain, Critiques de classiques du 7ème art

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Published on octobre 11, 2014 with No Comments

Bien sûr, j’ai été envoûtée par la poésie et la mélancolie sensuelles des « Etreintes brisées » de Pedro Almodovar , bien sûr j’ai été enthousiasmée par la précision remarquable de la réalisation de Jacques Audiard, tous deux en compétition la même année que Quentin Tarantino à Cannes mais le film de ce dernier fut le premier de ce Festival de Cannes 2009 et peut-être même le premier film depuis un moment à m’avoir ainsi hypnotisée, captivée, étonnée de la première à la dernière seconde. Le premier film depuis longtemps que j’avais envie de revoir à peine le générique achevé.

 

Pitch : Dans la France occupée de 1940, Shosanna Dreyfus assiste à l’exécution de sa famille tombée entre les mains du colonel nazi Hans Landa ( Christoph Waltz). Shosanna (Mélanie Laurent) s’échappe de justesse et s’enfuit à Paris où elle se construit une nouvelle identité en devenant exploitante d’une salle de cinéma. Quelque part, ailleurs en Europe, le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) forme un groupe de soldats juifs américains pour mener des actions punitives particulièrement  sanglantes contre les nazis. « Les bâtards », nom sous lequel leurs ennemis vont apprendre à les connaître, se joignent à l’actrice allemande et agent secret Bridget von Hammersmark (Diane Krüger) pour tenter d’éliminer les dignitaires du troisième Reich. Leurs destins vont se jouer à l’entrer du cinéma où Shosanna est décidée à mettre à exécution une vengeance très personnelle.

De ce film, très attendu et seul film américain de cette compétition officielle 2009, je n’avais pas lu le pitch, tout juste vu la bande-annonce qui me faisait craindre une grandiloquence maladroite, un humour douteux, voire indécent sur un sujet délicat. Je redoutais, je pensais même détester ce film et ne m’attendais donc pas à ce que la première séquence (le film est divisé en 5 chapitres qui correspondent aux parcours de 5 personnages) me scotche littéralement à l’écran dès la première seconde, à ne plus pouvoir m’en détacher jusqu’à la dernière ligne du générique.

L’un des premiers plans nous montre une hache dans un univers bucolique que la caméra de Tarantino caresse, effleure, esquisse et esquive : finalement ce simple plan pourrait résumer le ton de ce film, où la menace plane constamment, où le décalage est permanent, où toujours le spectateur est sur le qui-vive, la hache pouvant à chaque instant venir briser la sérénité. Cette première séquence dont nous ne savons jamais si nous devons en rire, ou en frissonner  de plaisir (parce qu’elle est jubilatoire à l’image de tout ce film, une première séquence au sujet de laquelle je ne vous en dirai pas plus pour maintenir le suspense et la tension incroyables qui y règne) ou de peur, est sans nul doute une des plus réussies qu’il m’ait été donné de voir au cinéma.

 Chaque séquence au premier rang desquelles la première donc recèle d’ailleurs cette même ironie tragique et ce suspense hitchcockien, le tout avec des plans d’une beauté, d’une inventivité sidérantes, des plans qui sont ceux d’un grand cinéaste mais aussi d’un vrai cinéphile (je vous laisse notamment découvrir ce plan magnifique qui est un hommage à « La Prisonnière du désert » de John Ford )  et d’un amoureux transi du cinéma. Rien que la multitude  de références cinématographiques mériterait une deuxième vision tant l’admiration et la surprise lors de la première empêchent de toutes les distinguer.

 Oui, parce que « Inglourious Basterds » est aussi un western. « Inglourious Basterds » appartient en réalité à plusieurs genres… et à aucun : western, film de guerre, tragédie antique, fable, farce, comédie, film spaghetti aussi. En fait un film de Quentin Tarantino .  (« Inglourious Basterds » est inspiré d’un film italien réalisé par Enzo G.Castellari). Un genre, un univers qui n’appartiennent qu’à lui seul et auxquels il parvient à nous faire adhérer, quels qu’en soient les excès, même celui de réécrire l’Histoire, même celui de se proclamer chef d’œuvre avec une audace et une effronterie  incroyables. Cela commence ainsi comme un conte  (« il était une fois »), se termine comme une farce.

Avec quelle facilité il semble passer d’un ton à l’autre, nous faire passer d’une émotion à une autre, comme dans cette scène entre Mélanie Laurent et Daniel Brühl, dans la cabine de projection, une scène  qui, en quelques secondes, impose un souffle tragique poignant, époustouflant, d’un rouge éblouissant. Une scène digne d’une tragédie antique.

Il y a du Hitchcock dans ce film mais aussi du Chaplin pour le côté burlesque et poétique et du Sergio Leone pour la magnificence des plans, et pour cet humour ravageur, voire du Melville aussi pour la réalisation, Meville à qui un autre cinéaste (Johnnie To) de cette compétition se référait d’ailleurs. Voilà, en un endroit tenu secret, Tarantino, après les avoir fait kidnapper et fait croire à leurs disparitions au monde entier, a réuni Chaplin,  Leone, et Hitchcock et même Melville et Ford, que l’on croyait morts depuis si longtemps et leur a fait réaliser ce film qui mêle avec brio poésie et sauvagerie, humour et tragédie.

Et puis, il y a en effet le cinéma. Le cinéma auquel ce film est un hommage permanent, une déclaration d’amour passionnée, un hymne vibrant à tel point que c’est le cinéma qui, ici, va sauver le monde, réécrire la page la plus tragique de l’Histoire, mais Tarantino peut bien se permettre : on pardonne tout au talent lorsqu’il est aussi flagrant. Plus qu’un hommage au cinéma c’est même une leçon de cinéma, même dans les dialogues : « J’ai toujours préféré Linder à Chaplin. Si ce n’est que Linder n’a jamais fait un film aussi bon que « Le Kid ».  Le grand moment de la poursuite du « Kid ». Superbe . »  Le cinéma qui ravage, qui submerge, qui éblouit, qui enflamme (au propre comme au figuré, ici). Comment ne pas aimer un film dont l’art sort vainqueur, dans lequel l’art vainc la guerre, dans lequel le cinéma sauve le monde .

Comment ne pas non plus évoquer les acteurs : Mélanie Laurent, Brad Pitt, Diane Krüger, Christoph Waltz, Daniel Brühl y sont magistraux, leur jeu trouble et troublant procure à toutes les scènes et à tous les dialogues (particulièrement réussis) un double sens, jouant en permanence avec le spectateur et son attente. Mélanie Laurent qui a ici le rôle principal excelle dans ce genre, de même que Daniel Brühl et Brad Pitt qui, depuis « L’assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford », le chef d’œuvre d’Andrew Dominik ne cesse de prendre de l’épaisseur et nous surprendre.

Que dire de la BO incroyable qui, comme toujours chez Tarantino, apporte un supplément de folie, d’âme, de poésie, de lyrisme et nous achève…

Si Quentin Tarantino a déjà remporté la palme d’or en 1994 (et a notamment présidé le jury en 2004, remettant la palme d’or à Michael Moore pour « Fahrenheit 9/11 », il a également donné une leçon de cinéma l’an passé), il pourrait bien renouveler l’exploit. A défaut, il mériterait le prix de la mise en scène auquel pourraient également prétendre Jacques Audiard et Pedro Almodovar, deux films de ce point vue également parfaits… Il est en tout cas impossible qu’il ne figure pas au palmarès, même si les dissensions avec Isabelle Huppert qui avait effectué le casting pour « Inglourious Basterds » pourraient compliquer encore la tâche.

Quentin Tarantino avec ce septième long-métrage a signé un film audacieux, brillant, insolent, tragique, comique, lyrique, exaltant, décalé, fascinant, irrésistible, cynique, ludique, jubilatoire, dantesque, magistral. Une leçon et une déclaration d’amour fou et d’un fou magnifique, au cinéma.  Ce n’est pas que du cinéma d’ailleurs : c’est un opéra baroque et rock. C’est une chevauchée fantastique. C’est un ouragan d’émotions. C’est une explosion visuelle et un ravissement permanent et qui font passer ces 2H40 pour une seconde !

 Bref, il se pourrait bien qu’il s’agisse d’un chef d’œuvre…

Bonus: critique de DJANGO UNCHAINED de Quentin Tarantino

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Copyright : © Sony Pictures Releasing
France

Le western, genre sans doute aujourd’hui (et
malheureusement) jugé suranné et dont l’âge d’or s’est achevé il y a quatre
bonnes décennies, est devenu une rareté dans la production cinématographique
contemporaine et est désormais plus souvent synonyme d’échecs que de succès au
box office, à l’exception de quelques films qui le réinventèrent comme « Danse
avec les loups » de Kevin Costner (1991, il y a donc 22 ans déjà) ou «Le Secret
de Brokeback Moutain » d’Ang Lee (2006). Ce genre codifié est pourtant
passionnant, justement parce qu’il est codifié même si le spectateur aime être
surpris avec ce qu’il attend. Grâce à Tarantino qui, à la fois, réinvente le
western, lui rend hommage et se joue de ses codes, il sera servi… C’est en tout
cas en visionnant des films de ce genre, celui du western donc, que le cinéma a
commencé à être pour moi  « le plus beau des abris » comme
un cinéaste
définit ainsi si bien le septième art dans cette
interview
, petite digression pour vous engager vraiment à écouter cette
passionnante intervention.

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Copyright : © Sony PicturesReleasing
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Mais revenons à notre duo infernal. Il y avait
Robert Mitchum et John Wayne dans « El Dorado » de Howard Hawks, Burt Lancaster
et Kirk Douglas dans “Règlement de comptes à OK Corral”, de John Sturges, Dean
Martin et John Wayne dans « Rio Bravo » de Howard Hawks,  Paul Newman et Robert
Redford dans  «Butch Cassidy and the Sundance Kid », de George Roy Hill…, il y
aura désormais Jamie Foxx (Django) et Christoph Waltz (le Dr King Schultz) dans
« Django unchained » de Tarantino.

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Copyright : © Sony PicturesReleasing
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Ce dernier est un chasseur de primes allemand.
Dans le sud des États-Unis, en 1858, un peu plus de deux ans avant la guerre de
Sécession, il fait « l’acquisition » de Django (Jamie Foxx), un esclave pour
qu’il l’aide à traquer les frères Brittle, les meurtriers qu’il recherche et
dont Django connait les visages. En échange, Schultz promet à Django de lui
rendre sa liberté lorsqu’il aura capturé les Brittle, morts ou vifs. Les deux
compères vont alors faire équipe pour traquer les criminels mais Django, lui,
n’a qu’un seul véritable but : retrouver Broomhilda (Kerry Washington), sa
femme, dont il a été séparé à cause du commerce des esclaves. C’est dans
l’immense plantation du puissant et terrifiant Calvin Candie (Leonardo DiCaprio)
qu’elle se trouve et que le Dr Schultz va l’aider dans sa quête pour la libérer.
La quête amoureuse va alors être aussi une quête de vengeance, thème cher à
Tarantino… « Ils ont pris sa liberté. Il va tout leur prendre. »

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Copyright : © Sony PicturesReleasing
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Un western sur l’esclavagisme, il fallait y
penser et s’appeler Tarantino pour avoir le talent pour mettre en scène cette
audacieuse idée : « J’aimerais faire un western, mais plutôt que de le situer au
Texas, faisons-le à l’époque de l’esclavage. Ce sujet, tout le monde a peur de
le traiter. Il faut qu’on l’éclaire nous-mêmes » a ainsi déclaré Tarantino. «
Django unchained » est d’abord ainsi un hommage au western comme l’étaient déjà,
dans une moindre mesure, « Kill bill » ou  « Inglourious basterds ». Dans ce
dernier, l’un des premiers plans nous  montrait une hache dans un univers
bucolique que la caméra de Tarantino caressait, effleurait, esquissait et
esquivait, un simple plan résumant le ton de ce film, où la menace plane
constamment, où le décalage est permanent, où toujours le spectateur est sur le
qui-vive, la hache pouvant à chaque instant venir briser la sérénité…un plan qui
aurait tout aussi bien pu ouvrir « Django unchained ». Dans «Inglourious
basterds » aussi, déjà, il y avait ce plan magnifique qui est un hommage à « La
Prisonnière du désert » de John Ford, c’est pourtant plutôt ici du côté du
western spaghetti que lorgne Tarantino avec Django.

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Django est ainsi un personnage emblématique des
westerns spaghettis et évidemment du film éponyme de Sergio Corbucci  de 1966
(dont l’acteur, Franco Nero, fait d’ailleurs une belle apparition dans le film
de Tarantino). C’est aussi évidemment un hommage au cinéma de Sergio Leone, à ce
mélange de pesanteur, de mélancolie, d’humour, bref des films qui avaient une «
gueule d’atmosphère », sans oublier la musique d’Ennio Morricone également
présente dans le film de Tarantino ou encore la musique du compositeur Argentin
Luis Enriquez Bacalov qui avait composé la musique du film original de Sergio
Corbucci. Inutile de vous préciser que la BO est,  comme toujours chez
Tarantino, réjouissante.

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Et puis un western n’en serait pas un sans un
inénarrable duo de « poor lonesome cowboys » taciturnes comme ceux précités et
au lieu de nous en servir un seul, celui de ses protagonistes, Tarantino en
oppose ici deux : Django/Schultz face à Candie/Stephen (impitoyable Samuel
L.Jackson), habile manière de  reprendre les codes du manichéisme du western par
ce  terrible et judicieux jeu de miroirs et d’ombres qui permet  de symboliser
le combat du bien contre le mal symptomatique d’un western digne de ce nom même
si le personnage de Stephen nuance ce manichéisme, encore plus impitoyable et
haineux envers les esclaves que les esclavagistes blancs.

Comme tout film de Tarantino qui se respecte, ce
« Django unchained » est évidemment aussi un hommage au cinéma. Le Dr Schultz
dit d’ailleurs à Django : « Tu vas incarner un personnage », cela dit dans une
chaise comme un metteur en scène le ferait avec son acteur avant d’ajouter  « Tu
devras rester dans le personnage. Tu peux choisir le costume», comme une mise en
abyme, un film dans le film, un jeu dans le jeu, évidemment jouissif pour le
spectateur. Plus tard, c’est un célèbre cinéaste qui conduira un convoi comme
celui qui conduit « le convoi » de son équipe de tournage.    Si « Inglourious
basterds » reste pour moi la plus belle déclaration d’amour passionnée au cinéma
de Tarantino, un hymne vibrant à tel point que c’est le cinéma qui y sauve le
monde, réécrit la page la plus tragique de l’Histoire, en faisant mourir Hitler
avec jubilation, « Django » est sans doute un des plus beaux hommages au western
qui soit.

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Si ce « Django unchained » est formellement
peut-être moins inventif et scénaristiquement plus linéaire que ses autres films
( le producteur Harvey Weinstein avait suggéré de séparer le film en deux
parties, comme pour « Kill Bill » mais Tarantino a refusé expliquant que cela ne
« marcherait pas avec ce film. C’était une décision consciente dès le tout début
de ne pas utiliser mes astuces narratives habituelles… Ici, vous devez suivre le
voyage de Django jusqu’à la fin ») , il n’en comporte pas moins des plans et des
séquences d’une précision, d’un lyrisme même parfois ou d’une beauté à couper le
souffle avec les plans attendus du western comme ceux de ces chevauchées sur
fond de ciel enflammé ou de décors enneigés,  et même dès le début lorsque
Django se découvre au milieu de cette file d’hommes enchaînés ou encore cette
scène d’effusion de sang finale qui souille les murs de Candyland en un ballet
de violence chorégraphiée effroyablement magnifique. Django Unchained marque
ainsi la quatrième collaboration (réussie) entre Quentin Tarantino et le
directeur de la photographie Robert Richardson.

Un film de Tarantino n’en serait pas un sans un
humour caustique, dans les dialogues évidemment mais aussi dans la mise en scène
notamment dans l’irrésistible scène qui ridiculise le Ku Kux Klan (et que je
vous laisse découvrir) ou même dans la simple vision du costume de Django sur la
charrette tandis que sur le toit une dent se balance ironiquement.

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Comme toujours, Tarantino éprouve visiblement
beaucoup de plaisir à diriger ses acteurs et ceux-ci à jouer pour lui, à
commencer par Samuel L. Jackson (après « Pulp Fiction », « Jackie Brown », «
Kill Bill : Volume 2 » et « Inglourious Basterds »)  qui, pour la cinquième
fois, tourne ici dans un film du cinéaste, plus redoutable que jamais. Leonardo
DiCaprio tourne pour la première fois pour Tarantino et incarne ici son premier
rôle de méchant irrécupérable, Calvin Candie, le propriétaire de Candyland, la
plantation qui porte son nom, constamment entouré de rouge comme le diable qu’il
incarne, roi dans le royaume sur lequel il est tout puissant et despotique. Il
confirme une nouvelle fois qu’il est le meilleur acteur de sa génération même si
son meilleur rôle reste pour moi celui des «
Noces rebelles
» en attendant de le voir dans celui de «
Gatsby le magnifique »
, peut-être en ouverture du 66ème
Festival de Cannes
. Quant à Jamie Foxx, il incarne à la perfection ce héros
taciturne, amoureux et vengeur devant « jouer » à l’homme impitoyable pour
remplir sa mission.

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Christoph Waltz, prix d’interprétation masculine
pour «Inglourious basterds » et ainsi révélation du Festival de Cannes 2009 dans
son rôle du colonel nazi Hans Landa a le charisme indéniable pour incarner ici
ce dentiste particulier.

Notons que le film a suscité une polémique dans
la presse américaine déclenchant les critiques  notamment de Spike Lee, ce
dernier ne souhaitant pas aller voir le film car le jugeant «irrespectueux»
envers ses ancêtres. Une polémique qui n’a pas lieu d’être car justement ce film
est d’une certaine manière le plus violent de Tarantino mais parce qu’il est le
plus politique, le plus réaliste : terrible violence hors-champ de cet esclave
déchiqueté par les chiens, de ce combat entre esclaves. Et cette discussion
entre Schultz et Candie sur Alexandre Dumas achève de nous convaincre, si nous
en doutions encore, que ce film est tout sauf irrespectueux mais
particulièrement malin.

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opyright : © Sony PicturesReleasing
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En huit longs-métrages (seulement), Tarantino a
fait de ce néologisme « tarantinesque » la marque d’un univers, celui de films
jubilatoires marqués par une violence chorégraphiée comme le seraient des
opéras, des films délicieusement bavards d’une violence  effroyablement et
brillamment magnifiée, avec des dialogues caustiques, des décalages et des
montages agréablement audacieux et absurdes même parfois,  de BO
enthousiasmantes,  des hommages vibrants au cinéma avec une explosion (souvent
sanguinolente mais récréative) de références cinématographiques, un cinéma de
femmes rebelles et courageuses, un hommage à tous les cinémas, de la série B au
western : des films débordants d’amour et d’érudition cinématographiques jamais
lénifiants ou prétentieux, grâce à un savoureux regard et humour décalés.  Ici
il réinvente ainsi le western en utilisant et s’affranchissant de ses règles
avec cette  histoire d’amitié et de vengeance romanesque, de duels et de duos,
une nouvelle fois jubilatoire. Tarantinesque évidemment. Il y avait Bond, James
Bond, il y aura désormais « « Django. The D is silent », l’esclave héros de
western. Le film sort en salles le 16 janvier 2013. Ne manquez pas cette «
chevauchée fantastique », ce sublime et original hommage au western et au
cinéma. Aussi indispensable et novateur que  le remarquable «
Johnny Guitar » de Nicholas Ray
en son temps. 2H44 que vous ne verrez pas
passer.

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About Sandra Mézière

Romancière (auteur d'un premier roman "L'amor dans l'âme" et d'un recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles", publiés aux Editions du 38) et blogueuse. Passionnée, avant tout. Surtout de cinéma et d'écriture. Diplômée en droit, sciences politiques, médiation culturelle (mémoire sur le cinéma avec mention TB) et d'un Master 2 professionnel de cinéma. 15 fois membre de jurys de festivals de cinéma (dont 10 sur concours d'écriture). 23 ans de pérégrinations festivalières. Blogueuse depuis 13 ans. Je me consacre aujourd'hui à ma passion, viscérale, pour le cinéma et l'écriture par l'écriture de 7 blogs/sites que j'ai créés, 5 sur le cinéma et 2 sur le luxe et la mode ( http://inthemoodforcinema.com, http://inthemoodforcannes.com, http://inthemoodfordeauville.com, http://inthemoodforfilmfestivals.com, http://inthemoodlemag.com, http://inthemoodforhotelsdeluxe.com, http://inthemoodforluxe.com ), de romans; scénarii et de nouvelles. Pour toute demande (presse, contact etc) vous pouvez me contacter à : inthemoodforfilmfestivals@gmail.com ou via twitter (@moodforcinema ). Vous pouvez également me suivre sur instagram (@sandra_meziere).

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