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Critique de NEW YORK MELODY de John Carney avec Keira Knightley, Mark Ruffalo, Adam Levine…

Written by Sandra Mézière. Posted in Critiques de films à l'affiche, Critiques des films à l'affiche en 2014

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melody

Published on août 08, 2014 with No Comments

Je sais, je sais : peu de critiques ces derniers temps sur mes blogs. En voyant la programmation du cinéma de la ville où je me trouve actuellement (qui pousse le vice jusqu’à déprogrammer à la dernière minute le sublime « Winter sleep » de Nuri Bilge Ceylan, palme d’or du Festival de Cannes 2014 que je vous recommande vivement, que je me réjouissais de voir une troisième fois, -au passage, je vous en parle aussi dans « Clap! » dans mon bilan du Festival de Cannes, en kiosques jusqu’au 15 août)-, sans doute comprendrez-vous mieux pour quelle raison je dois donc m’estimer heureuse qu’il ait projeté « New York Melody »…en VF( sacrilège), il ne faudrait pas être trop exigeante non plus.

En 2007, dans le cadre du Festival du Film Britannique de Dinard où il figurait en compétition, je découvrais « Once » du même John Carney. Je garde le souvenir des voix de ses protagonistes, de leurs  complaintes mélancoliques, de la musique qui y cristallisait les sentiments des deux personnages principaux (interprétés par Glen Hansard et Marketa  Irglova, dont les voix sont aussi justes que leur jeu). Un film où la musique prenait le pas sur les paroles et le scénario agissant comme un argumentaire mélodieux  et irréfutable, et nous conquérant  progressivement pour nous charmer totalement lors de sa dernière scène. Je ne peux m’empêcher de vous remettre ci-dessous ce petit moment de magie fugace et délectable du concert surprise donné alors après la projection dans le cadre du festival.

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Cette fois, la couleur nous est annoncée dans le titre : « New York Melody ». Bye bye l’Irlande et direction les Etats-Unis et la ville emblématique des comédies romantiques. La musique est donc à nouveau au centre de l’intrigue, autant dire qu’elle en est le personnage principal (avec New York, évidemment, « New York Melody » donc). C’est elle qui relie, sépare, réconcilie les personnages, traduit leurs états d’âme. C’est à elle que le réalisateur (bassiste avant d’être cinéaste) fait une véritable déclaration, tout en critiquant ceux qui, sans le moindre dessein artistique, l’exploitent comme une vulgaire marchandise (tant pis pour les clichés, ils n’ont pas toujours tort, en particulier en ce qui concerne la culture quand elle devient industrie).

Gretta (Keira Knightley) et son petit ami (Adam Levine) viennent de débarquer à New York.  La ville est d’autant plus magique pour les deux Anglais qu’on leur propose de venir y vivre pleinement leur passion : la musique. Le rêve va se briser et l’idylle voler en éclat quand, aveuglé par la gloire naissante, il va la plaquer pour une carrière solo et… une attachée de presse.  Ses valises prêtes et son billet de retour pour Londres en poche, elle décide de passer une dernière nuit à New York …sans se douter qu’elle y fera une rencontre qui changera le cours de son destin.

Le charme. Voilà la seule raison que je pourrais vous donner si je devais vous dire pourquoi ce film, contre toute attente, m’a embarquée. Ce petit plus indéfinissable , impalpable, inestimable qui nous fait laisser notre raison au vestiaire (c’est toujours mieux que le cerveau comme ce fut le cas hier pour l’éreintant « Lucy » de Luc Besson, en VF s’il vous plait, oui, même les blockbusters sont diffusés uniquement en VF dans mon ciné) et qui nous grise.

Non, certes, New York n’apparait pas sous un jour nouveau. Tout le monde (dit I Love you) n’est pas Woody Allen et John Carney ne cherche pas à l’être. C’est dans cette modestie que réside ainsi une partie du charme de cette mélodie new yorkaise. Face aux blockbusters estivaux qui rivalisent d’idées stupides pour atteindre des budgets astronomiques, on a envie de se laisser attendrir par cette douce mélodie.

Keira Knightley et Mark Ruffalo forment un duo à la fois improbable et évident, dont la complicité et le charme (encore, décidément) crèvent l’écran et sont en grande partie responsable de la réussite de l’ensemble. Avec, aussi, Catherine Keener toujours juste et charismatique malgré de courtes apparitions.

John Carney détourne habilement les codes de la comédie romantique parce que si d’amour il est question ici, c’est avant tout de celui éprouvé pour et par la musique. Quelques scènes jouissives et ses belles mélodies pop contribuent à faire de ce film sans prétention, un bonbon estival à déguster sans modération et sans même culpabiliser. De ces films qui vous donnent envie d’empoigner et embrasser la vie.  Un film à la fois classique et audacieusement inclassable, à l’image de  la relation entre les personnages principaux, oui une audace derrière l’apparent classicisme dans une époque où tout doit être catégorisé.  Et cela fait un bien fou !

Laissez-vous embarquer et en-chanter  par la légèreté enthousiasmante de cette ballade (et balade) Newyorkaise joliment naïve et jamais mièvre. Derrière ses airs ingénus, ce film nous parle de compromis avec nos idéaux, et il parle à nos émotions. C’est bien là l’essentiel. Alors, qu’attendez-vous pour vous laisser charmer à votre tour !

Sortie en salles : le 30 juillet 2014 – Durée : 1H44

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About Sandra Mézière

Romancière (auteur d'un premier roman "L'amor dans l'âme" et d'un recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles", publiés aux Editions du 38) et blogueuse. Passionnée, avant tout. Surtout de cinéma et d'écriture. Diplômée en droit, sciences politiques, médiation culturelle (mémoire sur le cinéma avec mention TB) et d'un Master 2 professionnel de cinéma. 15 fois membre de jurys de festivals de cinéma (dont 10 sur concours d'écriture). 23 ans de pérégrinations festivalières. Blogueuse depuis 13 ans. Je me consacre aujourd'hui à ma passion, viscérale, pour le cinéma et l'écriture par l'écriture de 7 blogs/sites que j'ai créés, 5 sur le cinéma et 2 sur le luxe et la mode ( http://inthemoodforcinema.com, http://inthemoodforcannes.com, http://inthemoodfordeauville.com, http://inthemoodforfilmfestivals.com, http://inthemoodlemag.com, http://inthemoodforhotelsdeluxe.com, http://inthemoodforluxe.com ), de romans; scénarii et de nouvelles. Pour toute demande (presse, contact etc) vous pouvez me contacter à : inthemoodforfilmfestivals@gmail.com ou via twitter (@moodforcinema ). Vous pouvez également me suivre sur instagram (@sandra_meziere).

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