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Cinéma – Critique – FLIGHT de Robert Zemeckis et vidéo de la conférence de presse

Written by Sandra Mézière. Posted in Avant-premières, Critiques, Critiques des films à l'affiche en 2013, Interviews / Conférences, Interviews/ Conférences de presse

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flight99

Published on janvier 17, 2013 with 1 Comment

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Après avoir assisté à la master class de Robert Zemeckis, Denzel Washington et Kelly Reilly puis à l’avant-première du film, j’ai également assisté à sa conférence de presse dont vous pouvez retrouver ma vidéo ci-dessus.

Ecrit par le scénariste John Gatins, le projet a mis plus de dix ans à aboutir non sans certaines concessions budgétaires notamment sur les salaires de Denzel Washington et Robert Zemeckis. « Flight » marque aussi le retour du réalisateur Robert Zemeckis au tournage « direct » après 12 années pendant lesquelles il s’est consacré à la réalisation de films en motion capture.

Whip Whitaker (Denzel Washington) est un  pilote de ligne chevronné. Il réussit miraculeusement à faire atterrir son avion en catastrophe après un accident en plein ciel… Un acte héroïque et Whip est d’ailleurs salué comme un héros après le crash malgré les 6 victimes, un moindre « mal » au regard de ce que cela aurait pu être. Tandis qu’il est exposé en pleine lumière, Whip va révéler des zones d’ombres bien éloignées de l’image de l’homme héroïque pour lequel on veut le faire passer (et pour lequel il a d’ailleurs la lâcheté de se faire passer). A l’hôpital, il va rencontrer Nicole (Kelly Reilly), une droguée qu’il va rapidement héberger.

Les catastrophes, aussi dramatiques soient-elles ou plutôt justement parce que dramatiques constituent toujours des sujets éminemment cinématographiques. On se souvient ainsi de l’atterrissage sur l’Hudson qui aurait pu faire un film « magnifique » (je ne doute pas que des scénaristes américains planchent sur le sujet). L’idée de « Flight » a néanmoins germé dans l’esprit de John Gatins avant cette catastrophe, celui-ci s’étant davantage inspiré de sa propre réalité, et de son addiction à l’alcool, que de cette catastrophe aérienne.

Le crash ne constitue en effet que les vingt (spectaculaires) premières minutes du film. La caméra de Zemeckis (qui ne manque décidément pas d’imagination quand il s’agit de filmer des crashs, on se souvient de celui de « Seul au monde », d’ailleurs filmé différemment) ne quitte jamais le cockpit. En résultent une tension réelle, et une impression de claustrophobie et d’emprisonnement (d’ailleurs métaphorique de l’autre que constitue l’addiction à l’alcool pour Whip) particulièrement efficaces.

Whip va ensuite s’enfermer dans ses mensonges auxquels il est aussi « accro » qu’à la drogue et à l’alcool. Whip, (anti)héros amoral, est en effet humain et donc faillible et vulnérable, sans doute l’aspect le plus intéressant du film que le cinéaste n’assume malheureusement jamais pleinement.

Ainsi, par une première scène de nudité frontale et de prise de drogue, Zemeckis semble se dédouaner de toute suspicion de moralisme et ne pas assumer la rédemption de son personnage de même que le personnage de l’ami vénéneux (exubérant et étonnant John Goodman)  lui permet de ne pas assumer complètement le film dramatique et d’instiller ainsi des moments de respiration.  Rarement un film aura autant accumulé les symboles religieux et l’excuse de la volonté de Dieu pour tout justifier, avec un simplisme édifiant. Ainsi, la flèche du clocher d’une église pentecôtiste est arrachée par l’avion lors de sa descente, symbole élémentaire pour signifier là la volonté de Dieu qui ouvrira la voie (longue et laborieuse) de la rédemption pour Whip. Par ailleurs, tous les personnages évoquent ou invoquent Dieu à un moment ou un autre du film, sans parler d’un homme atteint de cancer qui se résigne parce que « c’est la volonté de Dieu » et j’ignore si je dois trouver cela ridicule ou indécent ou les deux. Sans doute pourrait-on se dire que Zemeckis se moque et prend tout cela au second degré mais l’accumulation de scènes et symboles se référant à la religion annihile cet argument (il l’assume d’ailleurs pleinement comme vous le verrez dans la vidéo de la conférence de presse).

Dommage que Kelly Reilly, lumineuse présence, en soit réduite à une sorte d’alibi, les personnages féminins n’échappent en effet pas à la caricature et le scénariste semble s’être uniquement concentré sur la complexité de Denzel Washington réduisant les femmes elles aussi à des symboles. Ce dernier est nommé dans la catégorie meilleur acteur aux Oscars. Certes plutôt convaincant, il ne fait pas le poids face à un Daniel Day-Lewis époustouflant dans « Lincoln » de Spielberg.

Avec ce film «Zemeckis, a une nouvelle fois voulu dresser le portrait d’un homme différent, perdu, « seul au monde » comme l’était celui du film éponyme ou de « Forrest Gump », un personnage qui aurait pu être passionnant si ses aspects sombres n’avaient été totalement édulcorés par le discours et le symbolisme religieux simplistes et édifiants. Une impression de gâchis après vingt minutes de début réellement prenantes, et les contradictions du personnage (ainsi que la manière de les traiter en thriller) qui auraient aussi pu l’être. Le paroxysme du ridicule est atteint avec cette fin et une réplique digne d’un sketch caricatural sur les blockbusters américains que n’auraient pas détesté employer Kad et Olivier dans « Mais qui a re-tué Pamela Rose » ( une réplique dont je ne vous priverai pas du plaisir de la découverte). Oui, un beau gâchis.

Sortie en salles : le 13 février 2013

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About Sandra Mézière

Passionnée, avant tout, en particulier par le cinéma et l'écriture. Diplômée en droit, sciences politiques, médiation culturelle et d'un Master 2 professionnel de cinéma. 15 fois membre de jurys de festivals de cinéma (dont 10 suite à des concours d'écriture). 20 ans de pérégrinations festivalières. Blogueuse depuis 10 ans. Je me consacre aujourd'hui à ma passion, viscérale, pour le cinéma et l'écriture notamment en écrivant sur mes 7 blogs et sites que j'ai créés et dont je persiste à être l'unique rédactrice (Inthemoodforfilmfestivals.com , Inthemoodforcinema.com , Inthemoodforcannes.com , Inthemoodfordeauville.com , Inthemoodforluxe.com , Inthemoodlemag.com, Inthemoodforhotelsdeluxe.com ) mais aussi en écrivant des scénarii, romans et nouvelles. Egalement romancière, mes romans "Le Brasier" et "Les Orgueilleux" (qui se déroule dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville) ainsi que mon recueil de nouvelles romantiques et cruelles au cœur des festivals de cinéma "Ombres parallèles" ont été publiés par les Editions Numeriklivres (à compte d'éditeur) et sont disponibles dans toutes les librairies numériques: fnac.com, Amazon etc . Pour en savoir plus sur mon parcours, mes projets, les objectifs de ce site, rendez-vous sur la page "A propos" de ce site ( http://inthemoodlemag.com/about/) et pour la couverture presse sur la page "Dans les médias" ( http://inthemoodlemag.com/presse/ ). Je cherche à partager ma passion sur d'autres médias comme je le fais actuellement dans le magazine "Clap" (en kiosques depuis juin 2014). A bon entendeur! Pour toute demande (presse, infos etc), vous pouvez me contacter directement à inthemoodforcinema@gmail.com .

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  1. « celui-ci s’étant davantage inspiré de sa propre réalité, et de son addiction à l’alcool, que de cette catastrophe aérienne. »
    —>Tout à fait d’accord, c’est avant tout un film et pour moi bien fait de par mon expérience sur la drogue et l’alcool.

    « Whip va ensuite s’enfermer dans ses mensonges auxquels il est aussi « accro » qu’à la drogue et à l’alcool. Whip, (anti)héros amoral, est en effet humain et donc faillible et vulnérable, sans doute l’aspect le plus intéressant du film ((((que le cinéaste n’assume malheureusement jamais pleinement. »))))

    —->Encore d’accord et tout à fait un comportement typique et l’aspect primordial du film !!!!!!!SI ON ACCROCHE PAS A CA, passez à autre chose.!!!!!!!

    Maintenant question symboles religieux c’est omniprésent dans beaucoup de films comme les symboles franc maçons, et bon moi je ne m’intéresse pas spécialement au réalisateur quand je regarde un film parce que les gens changent, alors oui bon c’est un religieux personnellement je suis athée malheureusement on échappe jamais au martellement de toute les idéologies en vogue. (indécent oui, mais bon n’en faisons pas un drame nous devrions y être habitué)

    La ou je ne suis pas d’accord, c’est quand tu dis que ce film au final pour moi on ne peut plus juste, et dans l’esprit du personnage (pas mauvais type,juste un drogué comme tant d’autre) et n’oublions pas que la à son audience préliminaire (donc pas un procès) il est sous l’effet de la cocaine et d’une nuit de débauche, comme dans les 20 premières minutes ou il fait ce que aucun pilote de ligne ne pourrait se vanter de dire qu’il peut le faire…il n’aurait jamais fait ça si il n’avait pas pris cette cocaine après la nuit de débauche, et la est le point ou il faudrait s’attarder (oui-non-peut-être???-message principal du film?????)….. Donc pour moi le final est plutôt plus juste (même si un peu théâtral mais c’est du cinéma) et dans l’évolution du personnage et surtout de SES addictions, plausible…

    Maintenant, c’est une totale fiction, et un drame, ce qu’il a fait avec l’avion est tout bonnement impossible, les pilotes des avions sont contrôlés (du moins dans les grandes compagnies…), un co-pilote est quelqu’un d’expérimenté et bon le début du film, les incohérences sont légions dans l’accident, c’est un drame uniquement à voir si on est intéressé par le sujet principal : l’addiction.

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