IN THE MOOD LE MAGAZINE

DEPUIS 2003. LE BLOG POUR PLONGER "IN THE MOOD FOR CINEMA" SANS MODERATION. LE BLOG DE SANDRA MEZIERE, ROMANCIERE.

Mon (mémorable) déjeuner au Grand Véfour pour tester la (succulente) cuisine de Guy Martin

Written by Sandra Mézière. Posted in Paris, Restaurant d'exception, Restaurants, Tourisme

Tagged: , , , , ,

vefour4

Published on décembre 10, 2011 with No Comments

vefour3.jpg
vefour.jpg
guy.jpg

Il y a des lieux chargés d’Histoire et précédés d’une réputation telle que,  rien que leurs noms,  vous mettent déjà l’eau à la bouche.  C’est le cas du Grand Véfour situé dans le cadre romanesque et intemporel des jardins du Palais Royal. Le hasard a voulu que j’assiste à un tournagedans ce lieu quelques semaines avant d’avoir la chance d’y être invitée pour déjeuner (en mars 2010)… Avant de vous raconter ce déjeuner hors du commun, retour sur l’Histoire de ce lieu mythique.

« Le Grand Véfour » s’est d’abord appelé en 1784 « Café de Chartres » (l’enseigne est d’ailleurs toujours présente), café déjà très chic où naissent des idées qui mènent à la Révolution de 1789. Sous la Révolution, il devient un luxueux restaurant mais c’est sous la Restauration qu’il atteint son apogée avec l’arrivée de Jean Véfour qui donne son nom au lieu. Parmi les habitués des lieux, on compte Victor Hugo puis, sous le Second Empire: Lamartine, Sainte-Beuve, Mac-Mahon… De 1914 à 1945, le Grand Véfour connaît une éclipse. A la Libération, il est racheté par le propriétaire de Maxim’s qui le cède en 1948 à Raymond Olivier qui lui redonne ses lettres de noblesse. Grâce notamment à la complicité de Colette et Jean Cocteau qui en font leur cantine, les célèbrités du monde des arts et lettres s’y précipitent alors: Sacha Guitry, Louis Aragon, Jean-Paul Sartre, Simone  de Beauvoir, Louis Jouvet, André Malraux. 200 ans après, Le Grand Véfour est plus que jamais un lieu incontournable. C’est aujourd’hui Guy Martin qui est aux fourneaux.

Pour être totalement honnête, il faut préciser que la personne avec qui je suis venue connaissant Guy Martin, l’accueil par ce dernier mais aussi par toute son équipe, a été réellement royal. Sans doute faudrait-il y retourner dans d’autres conditions mais j’ai remarqué également beaucoup d’attentions pour les tables avoisinantes même si j’imagine que tous n’avaient pas droit au  champagne à volonté (je vous rassure, j’ai été très loin d’en abuser).

 A peine la porte franchie, vous voilà partis pour un voyage dans le temps. Rien ou presque n’a bougé depuis 2 siècles et l’évasion est immédiate d’autant que j’y suis allée une journée ensoleillée qui faisait se reflèter la lumière dans les multiples miroirs, accentuant encore la magie intemporelle du lieu. Combien de restaurants (beaucoup moins prestigieux, d’autres Relais et châteaux mais aussi parfois de simples brasseries) ai-je fréquenté où l’accueil était hautain,  où on vous énumérait les plats sans que vous ayez rien demandé en vous fusillant du regard si vous osiez émettre un commentaire ou une question, où on vous faisait bien comprendre que ce n’est pas le client qui est roi mais la cuisine qui est reine. Là rien de tout ça. L’accueil est souriant et chaleureux sans être forcé mais aussi personnalisé, et on ne vous fait aucune remarque désobligeante, et on vous fait encore moins sentir le poids (pourtant impressionnant) des lieux.

 Pour ma part, à la carte du déjeuner, j’ai opté pour un « dos de cabillaud rôti sur la peau, riz noir vénéré, chicorées, jus mousseux au citron au sel » et, en dessert, pour un « palet noisette et chocolat au lait, glace au caramel brun et prise de sel de Guérande ».  Enfin, ça, c’est ce que j’avais commandé car le nombre de plats avoisinait allègrement la dizaine si on compte tout ce qui nous a été amené en cours de repas: amuse-bouches divers, nougats, chocolats et autres gourmandises…!

 Je redoutais une cuisine prétentieuse, et j’ai été totalement envoûtée par une cuisine exquise, généreuse qui mêle avec beaucoup de délicatesse classicisme et modernité, simplicité et raffinement, exception et humilité. Un restaurant qui sait donc concilier et marier les paradoxes: si le luxueux décor peut faire craindre une cuisine empesée, la simplicité est en effet de mise dans le service et dans les assiettes.  Un véritable voyage gustatif. Je n’ai pas vu passer les 3 heures qu’a duré notre repas.   Plus qu’un repas d’ailleurs, une véritable expérience, un savoureux moment. Pas une seule fausse note.  Pas même celle qu’il faut règler à la fin car, ne le répètez pas, le chef nous l’a gracieusement offerte…

« Le Grand Véfour » est membre de la chaîne Relais et Châteaux. 3 fourchettes rouges et 2 macarons rouges. Au Grand Véfour depuis 1991, Guy Martin obtient la 3ème étoile en 2000, à 43 ans, une troisième étoile perdue en 2008 en raison paraît-il de la dispersion du chef et de ses absences répétées… surtout un bon moyen pour le célèbre guide rouge de faire parler de lui. En tout cas, sachez que la cuisine, elle, ne se disperse pas… et révèle toute la concentration et le talent du chef. Une expérience hors du temps que je vous recommande vivement…

Pour le déjeuner, sachez qu’une carte-menu variée et à prix fixe (88€) est proposée à côté de la grande carte. Comptez le double pour un dîner.

Et pour le plaisir, une photo de mon succulent dessert:

salondulivre 001.JPG

Site officiel du restaurant

Share this Article

About Sandra Mézière

Romancière (auteur d'un premier roman "L'amor dans l'âme" et d'un recueil de 16 nouvelles sur les festivals de cinéma "Les illusions parallèles", publiés aux Editions du 38) et blogueuse. Passionnée, avant tout. Surtout de cinéma et d'écriture. Diplômée en droit, sciences politiques, médiation culturelle (mémoire sur le cinéma avec mention TB) et d'un Master 2 professionnel de cinéma. 15 fois membre de jurys de festivals de cinéma (dont 10 sur concours d'écriture). 23 ans de pérégrinations festivalières. Blogueuse depuis 13 ans. Je me consacre aujourd'hui à ma passion, viscérale, pour le cinéma et l'écriture par l'écriture de 7 blogs/sites que j'ai créés, 5 sur le cinéma et 2 sur le luxe et la mode ( http://inthemoodforcinema.com, http://inthemoodforcannes.com, http://inthemoodfordeauville.com, http://inthemoodforfilmfestivals.com, http://inthemoodlemag.com, http://inthemoodforhotelsdeluxe.com, http://inthemoodforluxe.com ), de romans; scénarii et de nouvelles. Pour toute demande (presse, contact etc) vous pouvez me contacter à : inthemoodforfilmfestivals@gmail.com ou via twitter (@moodforcinema ). Vous pouvez également me suivre sur instagram (@sandra_meziere).

Browse Archived Articles by

No Comments

There are currently no comments on Mon (mémorable) déjeuner au Grand Véfour pour tester la (succulente) cuisine de Guy Martin. Perhaps you would like to add one of your own?

Leave a Comment

You must be logged in to post a comment.